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DES LIVRES ET VOUS

Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /2005 00:00
 Henry Bauchau
ou

                 Rencontre avec un écrivain à travers le texte

 
 
 
 
Grâce à une amie, je découvre en 2001 « La déchirure », un roman d’Henry Bauchau qui est écrivain, poète et psychanalyste. « Découvrir », le mot est réducteur : en fait, c’est une révélation, un éblouissement ! Je lui écris le 10 juin de cette même année, une longue lettre pour lui dire cet « ‘éclairage’ formidable pour le lecteur (…) qui entrevoit le chemin qui fait peur, mais sans doute incontournable si l’on veut seulement commencer à exister un peu par
soi-même et en finir d’être la construction des autres. »
Le but n’est pas de citer ici des extraits de mon courrier mais ceux de sa double  réponse (on verra pourquoi « double » plus loin) En effet, je reçois le 27 juin une très belle carte de Henry Bauchau, malgré des ennuis de santé inhérents au grand âge (il est né en 1913). Il me répond avec beaucoup de générosité : « Que ce livre, paru en 1956 et peu compris alors, touche beaucoup les lecteurs de maintenant, c’est un phénomène chargé d’espérance pour moi. »  Plus loin : « Au delà de l’œuvre littéraire, j’ai toujours souhaité être utile à mes lecteurs… » écrit-il en écho à mes propos sur la lecture, un exercice hautement personnel, puisque le lecteur s’approprie peu ou prou le texte (réécrivant peut-être même le livre à sa manière…)
« Double »? Nous y arrivons. En 2002, paraît son journal chez Actes Sud : « Passage de la Bonne-Graine. Journal 1997-2001 » D’emblée j’y trouve une citation de H. Thomas : « On renonce d’abord à l’impossible, ensuite à tout le reste », qui  me va comme gant ! Mais je ne peux résumer ce livre – une leçon de courage, de sagesse, d’écriture, etc. – en quelques lignes pour deux raisons : la première,  tant l’ouvrage est riche en enseignements (il fera l’objet d’un
article ultérieur, avec le deuxième tome du journal intitulé « Jour après Jour ») et la seconde, parce que j’ai hâte d’arriver à la… MIRACULEUSE PAGE 355 où Henry Bauchau cite une dizaine de lignes de la lettre reçue d’une lectrice…
Ma lettre dans le Journal de ce très grand écrivain, celui que Catherine David nomme si justement « Notre Sophocle », j’en ai les larmes aux yeux et me dis que, finalement et grâce à lui, je vais revoir la citation de H. Thomas… Et croire à l’impossible !
 
 
 
 
Par Dominique Godfard - Publié dans : DES LIVRES ET VOUS
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